La Rose et le Réséda est un magnifique poème de Louis ARAGON (1897-1982).
Une rose de mon jardinCe poème a été écrit en 1943 pour célébrer tous ceux qui, entrés dans la Résistance, donnaient leur vie afin que la France échappe à la botte nazie.
Depuis 1941 en effet le actes de résistance se multipliaient avec une répression aveugle de la part de l'occupant...prise d'otages, exécutions sommaires et actes de barbarie.
Dans ce contexte celui qui croyait au ciel représente le croyant, et celui qui n'y croyait pas le militant communiste ( qu'ARAGON était lui-même depuis 1927), qui sont unis pour la vie et pour la mort dans un même combat contre les nazis!
Louis ARAGON
Toutefois j'y vois également le lien avec un autre combat, celui des Cathares dans leur lutte contre les croisés de Simon de Montfort et contre l'Inquisition.
J'y retrouve même un écho du siège de Montségur qui prit fin le 16 Mars 1244 avec l'effroyable bûcher élevé au pied du château, dans le "prat des cremats" et où les derniers résistants cathares périrent dans les flammes.
Ce poème est selon moi discrètement mais profondément imprégné de la doctrine cathare...interprétation toute personnelle que je vais expliquer!
Le bûcher de MontségurMais d'abord voici ce poème dans toute sa beauté:
"Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Tous deux adoraient la belle prisonnière des soldats
Lequel montait à l'échelle et lequel guettait en bas
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Qu'importe comment s'appelle cette clarté sous leur pas
Que l'un fut de la chapelle et l'autre s'y dérobât
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu'elle vive et qui vivra verra
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Quand les blé sont sous la grêle fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles au milieu du commun combat
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Du haut de la citadelle la sentinelle tira
Par deux fois et l'un chancelle l'autre tombe qui mourra
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Ils sont en prison Lequel a le plus triste grabat
Lequel plus que l'autre gèle lequel préfère les rats
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Un rebelle est un rebelle deux sanglots font un seul glas
Et quand vient l'aube cruelle passent de vie à trépas
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Répétant le nom de celle qu'aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle même couleur même trépas
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Il coule, il coule, il se mêle à la terre qu'il aima
Pour qu'à la saison nouvelle murisse un raisin muscat
Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
L'un court et l'autre a des ailes de Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle le double amour qui brûla
L'alouette et l'hirondelle, la rose et le réséda."
Alors, pourquoi un lien avec les Cathares?
Nous avons dans ce poème des mots-clefs qui nous ouvrent un certain nombre de portes secrètes...
La rose, tout d'abord. En langage ésotérique elle est le symbole de la connaissance cachée, réservée aux seuls initiés et à ceux qui ont le courage de s'engager sur le chemin de la rose, celui qui est chargé d'épines mais au bout duquel la lumière de la connaissance apparaîtra.
Le réséda, cette fleur est particulièrement représentée dans la province du Roussillon, c'est-à-dire dans une région où s'est développée la doctrine cathare et qui est proche de Montségur.
La belle citée dans le poème d'Aragon représente la France. Toutefois cette belle fait penser à la belle dame du Roman de la Rose écrit par Guillaume de LORRIS vers 1237 puis complété par Jean de MEUNG vers 1280 où, comme par hasard, nous retrouvons également la rose. Or dans le Roman de la rose, la belle dame a pour signification ésotérique l'Eglise Cathare!
Dernier détail qui ne fait que confirmer la symbolique méridionale et le rapprochement avec le pays des Cathares, celui de l'évocation du raisin muscat.
Interprétation toute personnelle mais, de toute façon, un chef d'oeuvre!!!
Je ne remercierai donc jamais assez ceux qui ont un foie assez solide pour partager avec moi
une part de gâteau et une coupette de champagne durant cette période d'agapes intensives!!!
Ici un Père Noël très "années 50" et parisien en
plus!
Quant à
celui-ci, c'est le "chat songeur", qui ne quitte jamais son noeud papillon!





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